Je me suis améliorée en tant que personne et en tant que mère

J’ai joint Al‑Anon pour le bienfait de mes enfants. Je voulais rompre le cycle de l’alcoolisme afin qu’ils ne grandissent pas dans le même contexte que moi. Maintenant, je sais que je suis à Al‑Anon pour moi, et le rétablissement a amélioré la relation que j’ai avec mes enfants au moment des « négociations ». Voici un exemple de comment cela fonctionne.

Un matin très tôt, j’ai déposé mes enfants à l’arrêt d’autobus et je suis retournée chez moi. Ce jour-là était un jour de congé pour moi et je me réjouissais à l’idée d’avoir la journée entière à moi toute seule, sans devoir faire de courses en ville (à une distance de vingt minutes en voiture de l’endroit où nous vivons). Avant huit heures du matin, le téléphone a sonné. Ma fille avait oublié sa clarinette… Pouvais-je la lui amener à l’école? J’ai immédiatement réagi avec colère. Grâce au rétablissement, je savais que je ne devais pas prendre de décision quand j’étais en colère. Je lui ai dit que j’avais besoin d’un peu de temps et je lui laisserais un message avant sa leçon.

Je me suis allongée sur mon lit et j’ai eu un accès de colère. Après avoir dépensé mon énergie en exprimant ma colère, j’ai demandé à Dieu de me montrer mon rôle dans cette situation. J’ai alors réalisé que ma fille n’avait pas besoin de se rappeler de prendre sa clarinette parce que je le faisais pour elle. J’avais mémorisé son programme musical et, les jours où elle avait son cours, je prenais son instrument et son livre de musique et je les lui donnais quand elle était sur le point de partir. J’ai réalisé que si je prends le temps d’accepter mes émotions, je ressens la volonté de prier.

J’ai appelé une amie Al‑Anon; je lui ai parlé de ma tendance à prendre soin des autres et que je pensais qu’apporter la clarinette à l’école de ma fille serait une façon de commencer mes amendes honorables. Elle était d’accord avec moi, mais a fait une suggestion qui m’a vraiment étonnée : « Fais ce qui te fait plaisir quand tu vas en ville. Peut-être une tasse spéciale de thé ou quelque chose d’autre. » Avec cette idée qui faisait partie de mon plan, aller en ville n’était plus une punition que je m’imposais, une perte de temps, ou un gaspillage d’essence. Les amendes honorables que je me faisais à moi-même pour ma tendance à toujours prendre soin des autres voulaient que je prenne un peu soin de moi-même!

Cet après-midi-là, je me suis excusée auprès de ma fille de lui avoir répondu avec colère et d’avoir assumé la responsabilité de son instrument. Je lui ai dit que j’avais l’intention de cesser de m’ingérer, à quoi elle m’a répondu en souriant : « Maman, tu n’es pas la seule à avoir fait une erreur. J’ai vu ma clarinette ce matin et je me suis dit : ” Il faut que je n’oublie pas de la prendre aujourd’hui”…et puis je l’ai oubliée. Je suis vraiment désolée. Merci de me l’avoir apportée ».

Par Becky, Minnesota

The Forum, février 2017

2017-07-27T13:20:57+00:00 février 10, 2017|Categories: Mon père/ma mère alcoolique|0 Comments

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