C’est vraiment un mal familial !

Il n’est pas facile de traiter avec un buveur en phase active, surtout quand ce buveur dans ma vie est mon frère. Quand je lui rends visite, je souffre de voir comment son problème d’alcool l’affecte. J’essaie toujours de communiquer avec lui, mais quand il est sobre, il m’évite la plupart du temps. Le seul   moment où il me parle, et il est très bavard, c’est quand il a bu. Le problème, c’est que le lendemain, il se souvient à peine de ce dont nous avons parlé et évite de nouveau toute conversation avec moi. Parfois, il passe par des périodes où il boit constamment pendant des jours et parfois des semaines.

Cependant, j’ai trouvé de l’espoir dans Al‑Anon. J’ai appris que mon frère souffre d’une maladie appelée « alcoolisme ». Il m’a été très utile de lire sur les caractéristiques de cette maladie et de me rappeler que la façon dont il réagit à certaines choses est due à sa maladie, et ne veut pas dire qu’il ne m’aime pas. J’ai appris que je n’ai pas causé sa maladie, que je ne peux la contrôler ni n’en connait la cure. J’ai aussi appris qu’aujourd’hui, j’ai des choix quant à ma façon de réagir à son comportement – ivre ou sobre. Je peux soit le traiter avec respect, compréhension et compassion, soit essayer de le contrôler et de le réprimander. La première option demande du courage et beaucoup de sérénité. Cependant, je sais que si je réagis de façon négative, tôt ou tard, j’éprouverai du ressentiment, de la honte et de la culpabilité.

Dans Al‑Anon, j’ai appris des slogans que je peux utiliser pour établir des limites avec mon frère d’une manière ferme, mais aimante. Bien qu’il soit difficile de me souvenir de ceux‑ci dans une confrontation ou une situation difficile, ils m’aident à éviter de réagir à son comportement. J’ai aussi appris à ne pas faire pour lui ce qu’il doit faire pour lui‑même, comme prendre soin de ses responsabilités financières. Cependant, quand je lui parle, je lui dis que je ne suis qu’à un appel téléphonique de distance au cas où il aurait besoin d’une chose qui soit en mon pouvoir de lui donner. Cette limite est un fil délicat que je dois faire attention de ne pas la franchir, et la maintenir est parfois difficile. Mais parler de mes sentiments avec les membres et écouter leurs expériences me donne du courage et m’aide à me rappeler que je ne suis pas seul.

Quand je me concentre sur moi‑même plutôt que sur mon frère, je peux voir que l’alcoolisme est un mal familial parce qu’il m’a affecté. La bonne nouvelle, c’est que je peux utiliser les outils qu’Al‑Anon m’a donné pour m’améliorer et me rétablir. Maintenant je sais que mon frère arrêtera de boire quand il sera prêt à demander de l’aide. En attendant, je peux décider de souffrir ou de rester positif quant à mon rétablissement et à ma propre vie.

Par Sergio Z.
The Forum, septembre 2018

2019-01-11T15:41:56+00:00janvier 11, 2019|Categories: Le lien, Mon compagnon/ma compagne alcoolique, Mon conjoint/ma conjointe alcoolique|

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